Théophile Gautier écrit son premier livret pour la danse, Giselle (1841), qui trouve une concrétisation scénique dans le célèbre ballet homonyme, alors qu’il n’a pas encore trente ans; avec la «nouvelle fantastique» Spirite (1866), il conclut, à soixante ans passés, son propre parcours artistique d’homme de lettres. Les deux textes renferment, plus ou moins explicitement, et à coup sûr consciemment, quelques-unes des réflexions et des visions développées par leur auteur dans une expérience intellectuelle largement consacrée à «penser la danse»: la nouvelle de Gautier est en effet le point de départ d’un spectacle qui représente de manière accomplie un genre tout entier, c’est le ballet par excellence; d'autre part, toute l’intrigue trouve dans l’imaginaire propre du ballet blanc et dans ses propres modalités de représentation un cadre parfait et une intime correspondance. Les deux textes sont parcourus, à divers niveaux, par le merveilleux de l’artifice théâtral et par la splendeur du corps dansant concrétisés par le ballet: les ailes diaphanes qui battent au dos de Giselle et de Spirite, présage du futur dans le livret et souvenir du passé dans la nouvelle, trouvent une tangibilité matérielle dans la mise en scène, en traçant un parcours qui va de la littérature à la danse, pour ensuite retourner à la littérature, dans une contamination enrichissante. Cet article se propose de mettre en lumière la brève mais solide chaîne qui relie les trois textes – le livret Giselle, le ballet Giselle et la nouvelle Spirite – dans laquelle le ballet occupe la position centrale, en tant qu’œuvre issue du livret et qui, en même temps, projette ses reflets dans la nouvelle.

Ailes de mots et de tulle: de Giselle à Spirite

CERVELLATI, ELENA
2010

Abstract

Théophile Gautier écrit son premier livret pour la danse, Giselle (1841), qui trouve une concrétisation scénique dans le célèbre ballet homonyme, alors qu’il n’a pas encore trente ans; avec la «nouvelle fantastique» Spirite (1866), il conclut, à soixante ans passés, son propre parcours artistique d’homme de lettres. Les deux textes renferment, plus ou moins explicitement, et à coup sûr consciemment, quelques-unes des réflexions et des visions développées par leur auteur dans une expérience intellectuelle largement consacrée à «penser la danse»: la nouvelle de Gautier est en effet le point de départ d’un spectacle qui représente de manière accomplie un genre tout entier, c’est le ballet par excellence; d'autre part, toute l’intrigue trouve dans l’imaginaire propre du ballet blanc et dans ses propres modalités de représentation un cadre parfait et une intime correspondance. Les deux textes sont parcourus, à divers niveaux, par le merveilleux de l’artifice théâtral et par la splendeur du corps dansant concrétisés par le ballet: les ailes diaphanes qui battent au dos de Giselle et de Spirite, présage du futur dans le livret et souvenir du passé dans la nouvelle, trouvent une tangibilité matérielle dans la mise en scène, en traçant un parcours qui va de la littérature à la danse, pour ensuite retourner à la littérature, dans une contamination enrichissante. Cet article se propose de mettre en lumière la brève mais solide chaîne qui relie les trois textes – le livret Giselle, le ballet Giselle et la nouvelle Spirite – dans laquelle le ballet occupe la position centrale, en tant qu’œuvre issue du livret et qui, en même temps, projette ses reflets dans la nouvelle.
Pas de mots. De la littérature à la danse
115
136
E. Cervellati
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