« Traduire, n’est-ce pas réinventer la langue dans laquelle on traduit ? » a écrit tout récemment Georges Didi-Huberman. N’est-ce donc pas aussi une mise en relation et en résonnance des langues plus qu’un système d’équivalences présumées, un cheminement plus qu’un déplacement ou un transfert, un acte performatif, actif et créatif, plus qu’une pratique résolument dérivative, une « zone de contact », un « tiers-espace », un mode de pensée critique (Sherry Simon) et, encore, un lieu où se jouent des dynamiques pouvoir ? La traduction a en effet cela de bizarre qu’elle est l’un des dispositifs les plus puissants de la construction et de la consécration de l’empire monolingue (si on peut traduire d’une langue à une autre, c’est que les langues existent comme unités distinctes et définies) et, à la fois, l’une des pratiques culturelles qui permettent de mettre en cause, sinon en échec, l’« adresse monolingue » pour ouvrir à un imaginaire hétérolingue qui révèle l’hétérogénéité constitutive de toute langue et de toute culture, leur dimension processuelle, conventionnelle et historicisée.

Les cheminements de la traduction

Adrien Frenay
;
Lucia Quaquarelli
;
Licia Reggiani
2018

Abstract

« Traduire, n’est-ce pas réinventer la langue dans laquelle on traduit ? » a écrit tout récemment Georges Didi-Huberman. N’est-ce donc pas aussi une mise en relation et en résonnance des langues plus qu’un système d’équivalences présumées, un cheminement plus qu’un déplacement ou un transfert, un acte performatif, actif et créatif, plus qu’une pratique résolument dérivative, une « zone de contact », un « tiers-espace », un mode de pensée critique (Sherry Simon) et, encore, un lieu où se jouent des dynamiques pouvoir ? La traduction a en effet cela de bizarre qu’elle est l’un des dispositifs les plus puissants de la construction et de la consécration de l’empire monolingue (si on peut traduire d’une langue à une autre, c’est que les langues existent comme unités distinctes et définies) et, à la fois, l’une des pratiques culturelles qui permettent de mettre en cause, sinon en échec, l’« adresse monolingue » pour ouvrir à un imaginaire hétérolingue qui révèle l’hétérogénéité constitutive de toute langue et de toute culture, leur dimension processuelle, conventionnelle et historicisée.
Adrien Frenay; Lucia Quaquarelli; Licia Reggiani
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