Nombre d’études ont montré que la menace du stéréotype réduit la performance des apprenants. Fort de ce constat, plusieurs études ont été conduites pour réduire les interférences suscitées par la peur de confirmer le stéréotype dans des situations évaluatives. Parmi les stratégies évoquées dans la littérature, Johns et al. (2005) ont montré qu’on pouvait améliorer les performances d’étudiantes en mathématiques en les alertant des effets de la menace du stéréotype. Cette étude visait à tester cette hypothèse dans le contexte scolaire. 360 élèves (dont 185 filles), âgés de 14 à 16 ans, scolarisés en France et en Italie ont participé à l’étude. Elle s’est déroulée en deux phases. Une première visait à recueillir des informations sur les perceptions des élèves (e.g., adhésion au stéréotype de genre) et leur score à une tâche logico-mathématique (matrice de Raven). Une seconde, menée quelques semaines plus tard, visait à assigner les élèves dans une des trois conditions expérimentales et à leur demander de réaliser une série de calculs en 3 minutes. Dans une condition (menace), la tâche de calcul était présentée comme une épreuve logico-mathématique reportant des écarts de performances selon le genre des élèves. Dans une seconde condition, aucune information comparative n’était énoncée (contrôle). Dans une troisième condition (remédiation), l'épreuve était décrite comme une épreuve logico-mathématique reportant des écarts de performances mais les sujets étaient informés que la menace du stéréotype pouvait perturber la performance des filles en mathématiques. La performance correspondait au nombre d’exercices corrects rapportés sur le nombre d’exercices tentés. L’adhésion au stéréotype et le score aux matrices de Raven ont été intégrés comme covariables dans l’analyse. Les résultats révèlent un effet d’interaction entre le genre et la condition expérimentale sur le score de performance (F (2, 352) = 3,40 ; p <. 04). Ils vont dans le sens des conclusions de Johns et al. (2005) : dans la condition menace, les filles performent moins bien que les garçons ; aucune différence n’étant observée dans la condition remédiation et le groupe contrôle. En conclusion, les performances des filles en mathématiques peuvent être améliorées en les alertant des effets de la menace du stéréotype. Nous discuterons aussi la mesure de performance au regard d’autres alternatives considérées.

Apprendre la menace du stéréotype pour améliorer les performances des filles en mathématiques

TOMASETTO, CARLO;MATTEUCCI, MARIA CRISTINA
2014

Abstract

Nombre d’études ont montré que la menace du stéréotype réduit la performance des apprenants. Fort de ce constat, plusieurs études ont été conduites pour réduire les interférences suscitées par la peur de confirmer le stéréotype dans des situations évaluatives. Parmi les stratégies évoquées dans la littérature, Johns et al. (2005) ont montré qu’on pouvait améliorer les performances d’étudiantes en mathématiques en les alertant des effets de la menace du stéréotype. Cette étude visait à tester cette hypothèse dans le contexte scolaire. 360 élèves (dont 185 filles), âgés de 14 à 16 ans, scolarisés en France et en Italie ont participé à l’étude. Elle s’est déroulée en deux phases. Une première visait à recueillir des informations sur les perceptions des élèves (e.g., adhésion au stéréotype de genre) et leur score à une tâche logico-mathématique (matrice de Raven). Une seconde, menée quelques semaines plus tard, visait à assigner les élèves dans une des trois conditions expérimentales et à leur demander de réaliser une série de calculs en 3 minutes. Dans une condition (menace), la tâche de calcul était présentée comme une épreuve logico-mathématique reportant des écarts de performances selon le genre des élèves. Dans une seconde condition, aucune information comparative n’était énoncée (contrôle). Dans une troisième condition (remédiation), l'épreuve était décrite comme une épreuve logico-mathématique reportant des écarts de performances mais les sujets étaient informés que la menace du stéréotype pouvait perturber la performance des filles en mathématiques. La performance correspondait au nombre d’exercices corrects rapportés sur le nombre d’exercices tentés. L’adhésion au stéréotype et le score aux matrices de Raven ont été intégrés comme covariables dans l’analyse. Les résultats révèlent un effet d’interaction entre le genre et la condition expérimentale sur le score de performance (F (2, 352) = 3,40 ; p <. 04). Ils vont dans le sens des conclusions de Johns et al. (2005) : dans la condition menace, les filles performent moins bien que les garçons ; aucune différence n’étant observée dans la condition remédiation et le groupe contrôle. En conclusion, les performances des filles en mathématiques peuvent être améliorées en les alertant des effets de la menace du stéréotype. Nous discuterons aussi la mesure de performance au regard d’autres alternatives considérées.
28th International Congress of Applied Psychology, Paris (FR), 8-13 July 2014.
1
2
Pansu, P.; Lima, L.; Tomasetto, C.; Matteucci, M.C.
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