Comment les différentes cultures religieuses qui partagent depuis des siècles les espaces autour de la Méditerranée et celles fleurissant dans l’Asie méridionale et orientale, se sont-elles représentées la « vie après la mort » ? Comment la notion d’un au-delà de la rétribution, où les justes et les mauvais seraient récompensés par leurs actions respectives, est-elle arrivée à s’imposer dans ces contextes théologiques et socioculturels variés ? Quelles images ont été produites, dans ces différentes traditions, du sort de ceux qui transgressent les normes religieuses ? Et dans quelle mesure les affinités éventuelles de certaines idées et représentations concernant l’au-delà, témoigneraient-elles d’échanges et croisements interculturels ou bien de l’affirmation, par des voies indépendantes, d’une même tendance à « utiliser » l’invisible comme un espace de projection de modèles éthiques et de visions sociopolitiques? C’est autour d’interrogations de ce genre, que des spécialistes de différentes cultures « orientales », aussi bien que d’histoire du christianisme « occidental » et de littérature anglaise médiévale, se sont réunis à l’Université de Salento (Lecce, Italie) à l’initiative de la sinologue et japonisante Maria Chiara Migliore et de l’islamologue et arabisante Samuela Pagani. Le volume collectif qui en résulte offre un regard « synoptique » sur les imaginaires infernaux d’un vaste nombre de traditions religieuses, étalées sur un espace géographique couvrant une grande partie de l’Eurasie, de l’Inde à l’Irlande, de Byzance au Japon. Les dix contributions réunies dans le volume laissent émerger deux « constellations » culturelles plurilingues et multi-religieuses: d’une part, l’Asie méridionale et orientale, où l’affirmation du bouddhisme joua un rôle déterminant dans la structuration des représentations de la vie après la mort, en parvenant même à modifier les visions des cultures religieuses préexistantes, en particulier du taoïsme ; d’autre part, l’aire « euro-méditerranéenne », où des traditions hellénistiques, mazdéennes et juives contribuèrent, à travers une évolution complexe et jamais univoque, à la formation d’un « au-delà du châtiment » (cf. p. 13) façonnant les visions de l’enfer dans le christianisme et l’islam, marquées d’ailleurs par un haut degré de pluralité interne.

MIGLIORE Maria Chiara & PAGANI Samuela (éd.), Inferni temporanei. Visioni dell’aldilà dall’estremo Oriente all’estremo Occidente, Carocci, Rome, 2012, 263 p / Giuseppe Cecere. - In: REVUE DES MONDES MUSULMANS ET DE LA MÉDITERRANÉE. - ISSN 2105-2271. - ELETTRONICO. - 135:(2014), pp. x1-X6.

MIGLIORE Maria Chiara & PAGANI Samuela (éd.), Inferni temporanei. Visioni dell’aldilà dall’estremo Oriente all’estremo Occidente, Carocci, Rome, 2012, 263 p.

CECERE, GIUSEPPE
2014

Abstract

Comment les différentes cultures religieuses qui partagent depuis des siècles les espaces autour de la Méditerranée et celles fleurissant dans l’Asie méridionale et orientale, se sont-elles représentées la « vie après la mort » ? Comment la notion d’un au-delà de la rétribution, où les justes et les mauvais seraient récompensés par leurs actions respectives, est-elle arrivée à s’imposer dans ces contextes théologiques et socioculturels variés ? Quelles images ont été produites, dans ces différentes traditions, du sort de ceux qui transgressent les normes religieuses ? Et dans quelle mesure les affinités éventuelles de certaines idées et représentations concernant l’au-delà, témoigneraient-elles d’échanges et croisements interculturels ou bien de l’affirmation, par des voies indépendantes, d’une même tendance à « utiliser » l’invisible comme un espace de projection de modèles éthiques et de visions sociopolitiques? C’est autour d’interrogations de ce genre, que des spécialistes de différentes cultures « orientales », aussi bien que d’histoire du christianisme « occidental » et de littérature anglaise médiévale, se sont réunis à l’Université de Salento (Lecce, Italie) à l’initiative de la sinologue et japonisante Maria Chiara Migliore et de l’islamologue et arabisante Samuela Pagani. Le volume collectif qui en résulte offre un regard « synoptique » sur les imaginaires infernaux d’un vaste nombre de traditions religieuses, étalées sur un espace géographique couvrant une grande partie de l’Eurasie, de l’Inde à l’Irlande, de Byzance au Japon. Les dix contributions réunies dans le volume laissent émerger deux « constellations » culturelles plurilingues et multi-religieuses: d’une part, l’Asie méridionale et orientale, où l’affirmation du bouddhisme joua un rôle déterminant dans la structuration des représentations de la vie après la mort, en parvenant même à modifier les visions des cultures religieuses préexistantes, en particulier du taoïsme ; d’autre part, l’aire « euro-méditerranéenne », où des traditions hellénistiques, mazdéennes et juives contribuèrent, à travers une évolution complexe et jamais univoque, à la formation d’un « au-delà du châtiment » (cf. p. 13) façonnant les visions de l’enfer dans le christianisme et l’islam, marquées d’ailleurs par un haut degré de pluralité interne.
2014
MIGLIORE Maria Chiara & PAGANI Samuela (éd.), Inferni temporanei. Visioni dell’aldilà dall’estremo Oriente all’estremo Occidente, Carocci, Rome, 2012, 263 p / Giuseppe Cecere. - In: REVUE DES MONDES MUSULMANS ET DE LA MÉDITERRANÉE. - ISSN 2105-2271. - ELETTRONICO. - 135:(2014), pp. x1-X6.
Giuseppe Cecere
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