Cet article propose une relecture critique de la notion d’immanence en sémiotique, en la restituant dans une théorie générale des médiations et des identités culturelles. L’auteur montre que l’immanence n’est ni un domaine autonome ni un plan descriptif autosuffisant, mais un point d’appui tactique pour observer la manière dont les systèmes sémiotiques renégocient sans cesse leurs frontières, leurs dépendances et leurs traductions. Parce que la signification est intrinsèquement hétérogène et non modulaire, la culture doit être comprise comme un ensemble de médiations instables, caractérisé par des passages entre immanence et transcendance, entre formes de vie et organisations des valeurs. L’article analyse notamment l’identité culturelle comme effet d’un réseau différentiel et non comme propriété interne, et réinscrit l’immanence dans une dynamique de résilience plutôt que de clôture . La théorie, elle-même pratique médiatrice, ne peut éviter cette tension et doit assumer sa part d’impureté et de projection. L’ensemble conduit à une conception écologique du sens, attentive à la cohabitation des niveaux de pertinence et à la gestion de l’hétérogénéité.
Basso, P. (2019). Ce qui reste de l’immanence. L’organisation des médiations et la gestion complexe de l’hétérogénéité. Toulouse : CAMS/O.
Ce qui reste de l’immanence. L’organisation des médiations et la gestion complexe de l’hétérogénéité
Pierluigi Basso Fossali
2019
Abstract
Cet article propose une relecture critique de la notion d’immanence en sémiotique, en la restituant dans une théorie générale des médiations et des identités culturelles. L’auteur montre que l’immanence n’est ni un domaine autonome ni un plan descriptif autosuffisant, mais un point d’appui tactique pour observer la manière dont les systèmes sémiotiques renégocient sans cesse leurs frontières, leurs dépendances et leurs traductions. Parce que la signification est intrinsèquement hétérogène et non modulaire, la culture doit être comprise comme un ensemble de médiations instables, caractérisé par des passages entre immanence et transcendance, entre formes de vie et organisations des valeurs. L’article analyse notamment l’identité culturelle comme effet d’un réseau différentiel et non comme propriété interne, et réinscrit l’immanence dans une dynamique de résilience plutôt que de clôture . La théorie, elle-même pratique médiatrice, ne peut éviter cette tension et doit assumer sa part d’impureté et de projection. L’ensemble conduit à une conception écologique du sens, attentive à la cohabitation des niveaux de pertinence et à la gestion de l’hétérogénéité.I documenti in IRIS sono protetti da copyright e tutti i diritti sono riservati, salvo diversa indicazione.


