La traduction a joué à la Renaissance un rôle de premier plan dans la diffusion de l’italianisme au-delà des monts. C’est ce que savent les hommes de lettres du XVIe siècle : nul hasard en somme si les premiers inventaires de la production contemporaine rédigés en France, les Bibliothèques de La Croix du Maine et Du Verdier, donnent autant d’importance aux réalisations et aux projets de traduction d’auteurs italiens. Leur but est tout simplement de sauvegarder la mémoire et non pas de juger, disent les deux bibliographes ; aucune hiérarchie ne sous-tend leurs ouvrages ; l’ordre des entrées est dans leurs répertoires strictement alphabétique. Ce qui n’empêche évidemment pas au lecteur du XVIe siècle, comme à celui du XXIe, d’observer les rapports de force liant la culture italienne et la culture française, la seconde ayant d’après eux définitivement dépassé la première en ce début d’automne de la Renaissance; mais ce qui permet aussi d’apercevoir les premiers signes de nouveaux rapports de force qui sont en train de s’instaurer entre traducteurs, éditeurs et lecteurs, soit l’émergence d’une nouvelle figure de médiateur culturel, d’un professionnel des lettres pour qui une traduction n’est pas le fruit d’un loisir lettré, mais la réponse à une demande précise du marché.

«Demonstrer ce qui est plus clair que le plein midy»: italianisme et traduction d’après les inventaires de la Croix du Maine et Du Verdier

Bruna Conconi
2020

Abstract

La traduction a joué à la Renaissance un rôle de premier plan dans la diffusion de l’italianisme au-delà des monts. C’est ce que savent les hommes de lettres du XVIe siècle : nul hasard en somme si les premiers inventaires de la production contemporaine rédigés en France, les Bibliothèques de La Croix du Maine et Du Verdier, donnent autant d’importance aux réalisations et aux projets de traduction d’auteurs italiens. Leur but est tout simplement de sauvegarder la mémoire et non pas de juger, disent les deux bibliographes ; aucune hiérarchie ne sous-tend leurs ouvrages ; l’ordre des entrées est dans leurs répertoires strictement alphabétique. Ce qui n’empêche évidemment pas au lecteur du XVIe siècle, comme à celui du XXIe, d’observer les rapports de force liant la culture italienne et la culture française, la seconde ayant d’après eux définitivement dépassé la première en ce début d’automne de la Renaissance; mais ce qui permet aussi d’apercevoir les premiers signes de nouveaux rapports de force qui sont en train de s’instaurer entre traducteurs, éditeurs et lecteurs, soit l’émergence d’une nouvelle figure de médiateur culturel, d’un professionnel des lettres pour qui une traduction n’est pas le fruit d’un loisir lettré, mais la réponse à une demande précise du marché.
«Poco a poco». L’apport de l’édition italienne dans la culture francophone
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Bruna Conconi
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