Dans cette contribution, nous allons chercher à illustrer un parcours qui donne une réponse adaptée à la question de l’analyse du travail aux fins de prévention. Nous allons suivre une séquence logique, permettant de limiter notre propos aux étapes principales qui seront évoquées de manière succincte. En premier lieu, nous considérerons les difficultés que les démarches disciplinaires particulièrement engagées dans la réflexion et la pratique des rapports entre travail et santé rencontrent lorsqu’elles font référence à l’organisation, et indiquerons la voie la plus sûre pour dépasser ces difficultés : c’est-à-dire le cadre épistémologique qui permet d’identifier, au cours du développement de la pensée organisationnelle, les orientations théoriques pouvant intégrer la dimension du bien-être. En deuxième lieu, nous expliquerons pourquoi certaines théories de l’organisation qui prétendent s’occuper du bien-être ne sont pas, en fait, adaptées à cette fin. Nous évoquerons en particulier les théories de la flexibilité et de la satisfaction au travail, qui jouissent pourtant d’un large crédit dans le débat sur les transformations organisationnelles du travail et de l’entreprise. En troisième lieu, nous montrerons comment la dimension du bien-être peut être intégrée dans une théorie de l’organisation, et comment le caractère interdisciplinaire d’une telle théorie permet de conjuguer l’analyse organisationnelle des processus de travail avec l’analyse biomédicale, ergonomique, psychologique ou sociologique. C’est-à-dire comment elle permet de mettre en évidence les relations entre la pathogenèse organisationnelle et ses conséquences pour les sujets agissants dans les situations de travail. En conclusion, nous soulignerons l’exigence, pour poursuivre une démarche orientée de manière efficace vers la prévention et la promotion du bien-être au travail, d’une analyse du travail qui soit théoriquement fondée et en état de répondre à la fois, aux normes européennes et nationales, ainsi qu’aux attentes des disciplines concernées.

Organisation et bien-être. L'analyse du travail aux fins de prévention

MAGGI, BRUNO
2008

Abstract

Dans cette contribution, nous allons chercher à illustrer un parcours qui donne une réponse adaptée à la question de l’analyse du travail aux fins de prévention. Nous allons suivre une séquence logique, permettant de limiter notre propos aux étapes principales qui seront évoquées de manière succincte. En premier lieu, nous considérerons les difficultés que les démarches disciplinaires particulièrement engagées dans la réflexion et la pratique des rapports entre travail et santé rencontrent lorsqu’elles font référence à l’organisation, et indiquerons la voie la plus sûre pour dépasser ces difficultés : c’est-à-dire le cadre épistémologique qui permet d’identifier, au cours du développement de la pensée organisationnelle, les orientations théoriques pouvant intégrer la dimension du bien-être. En deuxième lieu, nous expliquerons pourquoi certaines théories de l’organisation qui prétendent s’occuper du bien-être ne sont pas, en fait, adaptées à cette fin. Nous évoquerons en particulier les théories de la flexibilité et de la satisfaction au travail, qui jouissent pourtant d’un large crédit dans le débat sur les transformations organisationnelles du travail et de l’entreprise. En troisième lieu, nous montrerons comment la dimension du bien-être peut être intégrée dans une théorie de l’organisation, et comment le caractère interdisciplinaire d’une telle théorie permet de conjuguer l’analyse organisationnelle des processus de travail avec l’analyse biomédicale, ergonomique, psychologique ou sociologique. C’est-à-dire comment elle permet de mettre en évidence les relations entre la pathogenèse organisationnelle et ses conséquences pour les sujets agissants dans les situations de travail. En conclusion, nous soulignerons l’exigence, pour poursuivre une démarche orientée de manière efficace vers la prévention et la promotion du bien-être au travail, d’une analyse du travail qui soit théoriquement fondée et en état de répondre à la fois, aux normes européennes et nationales, ainsi qu’aux attentes des disciplines concernées.
La précarité: une relation entre travail, organisation et santé
193
206
B. Maggi
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