VOLONTÉ DE PUISSANCE EN TANT QUE VOLONTÉ D’ILLUSION HANS VAIHINGER ET L’INTERPRÉTATION NÉOKANTIENNE DE NIETZSCHE Le philosophe néokantien H. Vaihinger a été le premier à reconnaître Nietzsche en tant que philosophe. En effet, dans son livre Nietzsche als Philosoph, qui date de 1902, il souligne, entre autres, le lien intime des aphorismes et de la production poétique de Nietzsche avec les thèmes centraux de sa philosophie. Toutefois, la contribution la plus importante de Vaihinger à l’exégèse nietzschéenne est sans aucun doute le volume Die Philosophie des Als Ob (La philosophie du comme si), publié en 1911, mais qui réunit en fait le travail entrepris trente ans auparavant. Vaihinger s’était consacré en grande partie à l’étude de la pensée de Kant, en particulier de la Critique de la raison pure, un travail qui a fini par converger avec son intérêt pour Nietzsche. Son centre d’intérêt est en effet la considération que la pensée, dans sa tentative de comprendre la réalité, emploie des “constructions auxiliaires”, dont la réalité est établie seulement par les effets produits et qu’il définit explicitement fictions. La locution als ob (comme si), utilisée par Vaihinger, est étroitement liée à l’usage fréquent de cette formule fait par Kant dans les trois Critiques. L’analyse kantienne de Vaihinger converge donc dans son interprétation de la volonté de puissance de Nietzsche en tant que volonté d’illusion (Wille zum Schein). Le livre datant de 1911 contient une appendice importante dans laquelle Vaihinger confronte directement les positions de Kant et de Nietzsche. Il saisit le rapport fondamental qui, dans la pensée de Nietzsche, lie la volonté de puissance avec le perspectivisme, et interprète le dernier à la lumière des considérations que Nietzsche fait, dès La naissance de la tragédie, à propos de notions telles que l’illusion et l’apparence. On peut affirmer que, selon l’interprétation de Vaihinger, la philosophie de Nietzsche s’inscrit dans l’horizon d’un pragmatisme tel que l’interprète Vaihinger même, c’est-à-dire un pragmatisme très contaminé par des éléments kantiens. Carlo Gentili

La volonté de puissance en tant que volonté d'illusion. Hans Vaihinger et l'interprétation néokantienne de Nietzsche / Carlo Gentili. - STAMPA. - 1:(2015), pp. 251-273.

La volonté de puissance en tant que volonté d'illusion. Hans Vaihinger et l'interprétation néokantienne de Nietzsche

GENTILI, CARLO
2015

Abstract

VOLONTÉ DE PUISSANCE EN TANT QUE VOLONTÉ D’ILLUSION HANS VAIHINGER ET L’INTERPRÉTATION NÉOKANTIENNE DE NIETZSCHE Le philosophe néokantien H. Vaihinger a été le premier à reconnaître Nietzsche en tant que philosophe. En effet, dans son livre Nietzsche als Philosoph, qui date de 1902, il souligne, entre autres, le lien intime des aphorismes et de la production poétique de Nietzsche avec les thèmes centraux de sa philosophie. Toutefois, la contribution la plus importante de Vaihinger à l’exégèse nietzschéenne est sans aucun doute le volume Die Philosophie des Als Ob (La philosophie du comme si), publié en 1911, mais qui réunit en fait le travail entrepris trente ans auparavant. Vaihinger s’était consacré en grande partie à l’étude de la pensée de Kant, en particulier de la Critique de la raison pure, un travail qui a fini par converger avec son intérêt pour Nietzsche. Son centre d’intérêt est en effet la considération que la pensée, dans sa tentative de comprendre la réalité, emploie des “constructions auxiliaires”, dont la réalité est établie seulement par les effets produits et qu’il définit explicitement fictions. La locution als ob (comme si), utilisée par Vaihinger, est étroitement liée à l’usage fréquent de cette formule fait par Kant dans les trois Critiques. L’analyse kantienne de Vaihinger converge donc dans son interprétation de la volonté de puissance de Nietzsche en tant que volonté d’illusion (Wille zum Schein). Le livre datant de 1911 contient une appendice importante dans laquelle Vaihinger confronte directement les positions de Kant et de Nietzsche. Il saisit le rapport fondamental qui, dans la pensée de Nietzsche, lie la volonté de puissance avec le perspectivisme, et interprète le dernier à la lumière des considérations que Nietzsche fait, dès La naissance de la tragédie, à propos de notions telles que l’illusion et l’apparence. On peut affirmer que, selon l’interprétation de Vaihinger, la philosophie de Nietzsche s’inscrit dans l’horizon d’un pragmatisme tel que l’interprète Vaihinger même, c’est-à-dire un pragmatisme très contaminé par des éléments kantiens. Carlo Gentili
2015
Lectures nietzschéennes. Sources et réception
251
273
La volonté de puissance en tant que volonté d'illusion. Hans Vaihinger et l'interprétation néokantienne de Nietzsche / Carlo Gentili. - STAMPA. - 1:(2015), pp. 251-273.
Carlo Gentili
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