La guerre sans fin qui meurtrit la terre de Palestine exacerbe la sensibilité aux atrocités qui s’y déroulent et somme chacun de choisir un camp. Toute critique trop appuyée de la politique israélienne risque de se voir apposer le sceau d’infamie de l’antisémitisme. Dans ce contexte, qualifier d’« antisémite » un auteur, même s’il est mort depuis plus d’un siècle, ne peut se faire à la légère. Tout particulièrement quand il s’agit d’Élisée Reclus (1830-1905), géographe et anarchiste qui s’est opposé sa vie durant à toute forme de haine raciale, de domination d’une population sur une autre. Un homme qui n’a pas cessé de décrire généreusement les peuples qui vivent ou ont vécu sur notre planète. Refusant d’établir la moindre hiérarchie entre les civilisations, il s’est attaché à décrire des sociétés qui évoluent avec leur milieu, notant que les plus « primitives » ne sont pas les moins riches sur cette Terre « où il serait si bon de vivre en frères ». N’est-ce pas lui qui écrit que « si l’Inquisition tortura et brûla ceux qui se permettaient de penser librement, que de paysans sincères et bons, que d’enfants de la nature restèrent en dehors de ses atteintes, gardant en la sincérité de leur âme naïve une franche indépendance » ? L’accusation d’antisémitisme est d’autant plus incongrue que des anarchistes célèbres se réfèrent explicitement à Élisée Reclus et à ses textes pour étayer le combat anarchiste contre l’antisémitisme. C’est notamment le cas de Vsevolod Mikhaïlovitch Eichenbaum alias Voline (1882-1945), qui, né dans une famille d’intellectuels juifs de Voronej au sud de la Moscovie, rédige l’article « Antisémitisme » pour l’Encyclopédie anarchiste (1934) pilotée par Sébastien Faure (1858-1942) .
Brun, C., Eprendre, N., Ferretti, F., Pelletier, P. (2025). Élisée Reclus : Un géographe anarchiste contre l’antisémitisme. Paris : Les Editions du Monde Libertaire.
Élisée Reclus : Un géographe anarchiste contre l’antisémitisme
Federico Ferretti;
2025
Abstract
La guerre sans fin qui meurtrit la terre de Palestine exacerbe la sensibilité aux atrocités qui s’y déroulent et somme chacun de choisir un camp. Toute critique trop appuyée de la politique israélienne risque de se voir apposer le sceau d’infamie de l’antisémitisme. Dans ce contexte, qualifier d’« antisémite » un auteur, même s’il est mort depuis plus d’un siècle, ne peut se faire à la légère. Tout particulièrement quand il s’agit d’Élisée Reclus (1830-1905), géographe et anarchiste qui s’est opposé sa vie durant à toute forme de haine raciale, de domination d’une population sur une autre. Un homme qui n’a pas cessé de décrire généreusement les peuples qui vivent ou ont vécu sur notre planète. Refusant d’établir la moindre hiérarchie entre les civilisations, il s’est attaché à décrire des sociétés qui évoluent avec leur milieu, notant que les plus « primitives » ne sont pas les moins riches sur cette Terre « où il serait si bon de vivre en frères ». N’est-ce pas lui qui écrit que « si l’Inquisition tortura et brûla ceux qui se permettaient de penser librement, que de paysans sincères et bons, que d’enfants de la nature restèrent en dehors de ses atteintes, gardant en la sincérité de leur âme naïve une franche indépendance » ? L’accusation d’antisémitisme est d’autant plus incongrue que des anarchistes célèbres se réfèrent explicitement à Élisée Reclus et à ses textes pour étayer le combat anarchiste contre l’antisémitisme. C’est notamment le cas de Vsevolod Mikhaïlovitch Eichenbaum alias Voline (1882-1945), qui, né dans une famille d’intellectuels juifs de Voronej au sud de la Moscovie, rédige l’article « Antisémitisme » pour l’Encyclopédie anarchiste (1934) pilotée par Sébastien Faure (1858-1942) .I documenti in IRIS sono protetti da copyright e tutti i diritti sono riservati, salvo diversa indicazione.


